Aéronautique

Biocarburants : comprendre pour l'utiliser

Réduire l’empreinte environnementale de l’aéronautique conduit les États à encourager les voies alternatives aux carburants fossiles. Aujourd’hui, l’emploi des biocarburants avec des taux d’incorporation pouvant aller jusqu’à 50 % est autorisé. Toutefois, pour être conformes aux normes de sécurité, ils doivent être préalablement certifiés. L’ONERA utilise son expertise en énergétique et en chimie pour comprendre l’impact de ces nouveaux carburants sur tous les avions.

D’ici 2020, 3 à 4 % des besoins de l’Europe pourraient être couverts par les biocarburants. Or, le secteur aéronautique est soumis à des contraintes de sécurité strictes qui imposent à ces carburants de nouvelle génération de répondre à un cahier des charges très précis.

Avec le projet de recherche sur fonds propres EXPLIC (exploration des limites d’un carburéacteur « drop-in »), lancé début 2014, l’ONERA s’est fixé pour objectif de comprendre le comportement des carburants alternatifs, afin de maîtriser leur impact sur toute la chaîne d’utilisation.

Par exemple, l’étude aborde le thème-clé de l’influence de la concentration des composés aromatiques. Les biocarburants émergents en contiennent des quantités de plus en plus faibles, et il faut étudier l’impact de cette diminution. Comment les nouveaux carburéacteurs réagiront-ils, tout au long de leur cycle de vie, de la zone de stockage jusque dans le réservoir ? quelles seront les émissions correspondantes ?

Grâce ses moyens expérimentaux, l’ONERA peut répondre à ces questions en menant des essais ciblés : stabilité thermique, oxydation, comportement à froid, compatibilité avec les matériaux, injection, vaporisation, combustion, émissions...

En 2015, l’ONERA devrait participer à un nouveau programme financé par la DGAC – MOCCASSIN – en association avec ses principaux partenaires français (pétrolier, motoriste, avionneur, centres de recherches, équipementier). MOCASSIN visera à développer la modélisation du comportement des carburants aéronautiques classiques et alternatifs afin de disposer de modèles complémentaires des résultats expérimentaux.

L’ONERA s’inscrit pleinement dans cette problématique environnementale, au travers de projets financés par sa subvention, par la DGAC ou l’Europe. D’ici 15 à 20 ans en Europe, à l’instar des États-unis, les biocarburants devraient prendre le pas sur les carburants traditionnels.